| Titre : |
Le rapport Sicard : une étape au milieu du gué |
| Type de document : |
document électronique |
| Auteurs : |
Mallet, Donatien ; Jacquemin, Dominique |
| Année de publication : |
2013 |
| Note générale : |
Revue d'éthique et de théologie morale, n274, 2, 2013-06-04, pp.53-90
94
Cairn |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Revue d'éthique et de théologie morale |
| Résumé : |
Dans un contexte de campagne présidentielle où François Hollande, candidat élu à la présidence de la République française, s’était engagé à ouvrir une « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », le rapport de la « commission de réflexion sur la fin de vie en France » présidé par le professeur Didier Sicard était attendu avec intérêt.S’appuyant sur des débats publics, il dresse un bilan particulièrement critique sur les conditions du mourir en France. En écho, il formule de nombreuses propositions.Certaines sollicitent le pouvoir politique dans sa capacité à contribuer à l’amélioration des pratiques de soins. Cela passe par des recommandations de bonnes pratiques en soins palliatifs, des procédures de certification, des recherches épidémiologiques. Il s’agit aussi de favoriser une meilleure diffusion et application des directives anticipées par une organisation adaptée.D’autres nécessitent une volonté et une mobilisation du pouvoir politique dans une optique réformiste. Cela implique une mutation des pratiques, des organisations et de la formation médicales focalisées à l’excès sur le scientifique et le curatif. Ces propositions s’inscrivent dans une optique de santé publique. Elles ne bénéficieraient pas uniquement aux patients en fin de vie, mais à toutes les personnes atteintes de maladies graves, chroniques ou vieillissantes. Leur application requiert un engagement continu et cohérent afin de déplacer les habitudes, les conservatismes ou les oppositions.Le troisième groupe de propositions n’est pas encore précisément défini. Si la commission Sicard ne recommande pas l’ouverture à une dépénalisation de l’euthanasie, elle propose la possibilité de geste létal dans les phases ultimes de l’accompagnement de fin de vie. Ces pratiques seraient encadrées par des recommandations. Sans en faire une recommandation, la commission s’interroge aussi sur l’ouverture au suicide assisté. Dans cette hypothèse, elle souhaite une implication conséquente de la médecine.S’appuyant sur notre expérience de cliniciens, d’enseignants, d’animateurs de groupes d’éthique et de chercheurs, nous proposons une synthèse du rapport Sicard puis une analyse détaillée, pragmatique et critique de ses diverses propositions.
The Sicard report : A work in progressIn the context of François Hollande’s election campaign, now elected President of the French Republic, during which he vouched to initiate « medical assistance for the termination of life with dignity », the report drafted by the « Commission of reflection on the end of life in France » chaired by professor Didier Sicard was eagerly awaited.Drawing on public debates, Sicard’s report presents a rather severe analysis of dying conditions in France. It puts forward numerous suggestions in response.A number of these suggestions require the mediation of the political power to help ameliorate care practices. Proposals for improving palliative care practices, certification processes, or epidemiologic research are provided. It is also recommended boosting communication and implementing regulations blueprinted by a competent organization.Others require the necessary political will and effort to implement reforms. This implies changing the mindset behind medical practices, organizations and education that focus exceedingly on science and cure. Such proposals are part of a larger public health approach. They would not only benefit patients in the terminal phase of life but also those who are aging and/or seriously or chronically ill. Their implementation demands a continuous and consistent commitment in order to modify habits, alter conservative behaviours and counter oppositions.The third group of proposals is not yet precisely outlined. Although the Sicard Committee does not encourage decriminalizing euthanasia, it does suggest allowing a lethal intervention in the last stages of terminal care. Such practices would be framed by strict guidelines. Without advocating it outright, the committee reflects on the legalization of assisted suicide. In this hypothetical situation, the commission expects the substantial involvement of physicians.Based on our experience as physicians, teachers, ethics groups leaders and scientists, we present here a summary of the Sicard report followed by a detailed, pragmatic and critical analysis of each of its proposals. |
| En ligne : |
https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RETM_274_0053 |
| Permalink : |
./index.php?lvl=notice_display&id=2492 |
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